En Belgique, un SUV de société 100 % électrique commandé avant 2027 reste déductible à 100 % et génère l'ATN plancher, environ 1 690 €/an. Un SUV thermique commandé en 2026 tombe lui à 0 % de déductibilité, avec un ATN qui grimpe avec le CO₂. Pour un dirigeant, le calcul fiscal penche désormais nettement vers l'électrique.
Quelle déductibilité fiscale pour un SUV de société en 2026 ?
Pour une nouvelle commande en 2026, seul le SUV 100 % électrique reste déductible. Un SUV essence, diesel ou hybride (même non rechargeable) commandé à partir du 1er janvier 2026 tombe à 0 % de déductibilité à l'impôt des sociétés. L'électrique commandé avant le 1er janvier 2027 garde, lui, ses 100 %.
La réforme issue de la loi de 2021 verrouille un calendrier sans ambiguïté. Les SUV thermiques commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 conservent un régime transitoire dégressif : 50 % de déduction en 2026, 25 % en 2027, puis 0 % en 2028. Au-delà de cette fenêtre, plus rien. Pour l'électrique, le taux de 100 % vaut pour toute commande passée avant 2027, puis descend à 95 % en 2027 et 90 % en 2028.
Sur le marché belge, ça change tout pour un dirigeant qui renouvelle sa flotte. Selon le SPF Finances, un SUV thermique commandé cette année ne fera plus baisser la base imposable de la société d'un seul euro sur l'amortissement, le carburant ou l'entretien. Notre comparatif des meilleurs SUV électriques en Belgique détaille les modèles qui tiennent la route au-delà du seul argument fiscal.

Comment se calcule l'ATN d'un SUV de société ?
L'ATN (avantage de toute nature) est l'avantage imposable dans le chef du conducteur. La formule officielle est : valeur catalogue × coefficient CO₂ × 6/7 × coefficient d'âge. Le coefficient CO₂ part de 5,5 % et bouge de 0,1 % par gramme au-dessus ou en dessous du taux de référence, plafonné entre 4 % et 18 %.
Les taux de référence 2026 sont fixés à 58 g/km pour le diesel et 70 g/km pour l'essence, selon le Group S. Concrètement, chaque gramme de CO₂ au-dessus de la référence ajoute 0,1 % à la base imposable, et le coefficient d'âge fait baisser l'ATN de 6 % par an d'ancienneté, sans tomber sous 70 %. Le chiffre qui compte : l'ATN annuel ne peut jamais descendre en dessous de 1 690 € en 2026.
En pratique, ça donne un écart énorme selon la motorisation. Un SUV essence émettant 150 g/km a un coefficient CO₂ de 13,5 % (5,5 % + 8 g au-dessus de 70). Un SUV électrique à 0 g/km est, lui, calé au plancher de 4 % : sa base imposable est divisée par trois, alors même que sa valeur catalogue est souvent plus haute.
Un SUV électrique de société est-il vraiment 100 % déductible ?
Oui, à condition de le commander avant 2027. Un SUV 100 % électrique commandé en 2026 reste déductible à 100 % à l'impôt des sociétés, contre 0 % pour un thermique neuf. C'est la dernière année pour figer ce taux maximal sur la durée de détention du véhicule.
L'effet combiné est double : la société déduit l'intégralité des frais (amortissement, assurance, électricité de recharge) et le conducteur subit l'ATN le plus bas du marché. Pour une valeur catalogue dépassant 40 000 €, l'économie d'impôt des sociétés (25 %) compense une large part du surcoût d'achat face à un thermique équivalent.
SUV électrique, hybride ou thermique : lequel coûte le moins cher au fisc ?
L'électrique gagne sur les deux tableaux : 100 % de déduction et ATN plancher. Le tableau ci-dessous compare des SUV vendus en Belgique pour une commande neuve en 2026. L'ATN est indicatif, calculé sur une valeur catalogue estimée et un véhicule neuf (coefficient d'âge 100 %).
| Modèle | Motorisation | CO₂ (WLTP) | Déduct. 2026 | ATN/an* |
|---|---|---|---|---|
| Tesla Model Y | électrique | 0 g | 100 % | ~1 690 € |
| Volvo EX30 | électrique | 0 g | 100 % | ~1 690 € |
| Renault Scénic E-Tech | électrique | 0 g | 100 % | ~1 690 € |
| Toyota RAV4 | hybride (HEV) | ~126 g | 0 % | ~4 280 € |
| VW Tiguan eTSI | essence | ~150 g | 0 % | ~4 630 € |
| BMW X3 xDrive20d | diesel | ~150 g | 0 % | ~7 300 € |
*ATN illustratif, véhicule neuf, valeur catalogue estimée 2026.
La lecture est nette. Un SUV électrique génère l'ATN plancher d'environ 1 690 €/an tout en restant pleinement déductible. Un Toyota RAV4 hybride, pourtant sobre à la pompe, n'échappe pas à la règle : commandé en 2026, il est à 0 % de déduction et son ATN dépasse 4 200 €/an à cause de ses 126 g de CO₂. Le BMW X3 diesel illustre le pire cas : valeur catalogue élevée et 150 g de CO₂ poussent l'ATN au-delà de 7 000 €/an. Pour un usage gros rouleur, notre dossier sur le meilleur SUV hybride pour gros rouleur montre que l'argument conso ne suffit plus à sauver le bilan fiscal d'un thermique neuf.
Le cas de l'hybride rechargeable mérite une nuance. Un PHEV affiche un CO₂ très bas (souvent 20 à 30 g/km), donc un ATN proche du plancher, mais sa déductibilité suit désormais celle des thermiques pour une commande 2026, et ses frais de carburant fossile ne sont plus déductibles, comme le rappelle BNP Paribas Fortis. Seuls les frais d'électricité restent déductibles à 100 %.
Quels SUV de société éviter fiscalement en 2026 ?
À éviter en commande 2026 : le gros SUV thermique à CO₂ élevé. Un SUV diesel ou essence au-delà de 150 g/km cumule trois pénalités simultanées : 0 % de déductibilité, un ATN qui peut dépasser 7 000 €/an et la cotisation CO₂ la plus lourde. Aucun avantage d'usage ne rattrape ce triple coût.
La cotisation CO₂, versée par l'employeur à l'ONSS, est le piège qu'on oublie souvent. Selon Securex, son montant mensuel minimum en 2026 est de 33,93 € pour un véhicule acquis avant le 1er juillet 2023 et de 42,34 € pour un véhicule acquis depuis, et il grimpe avec les émissions. Sur un gros SUV thermique, elle dépasse vite 60 à 80 €/mois, soit près de 1 000 €/an à la charge de la société.
Ce qu'on éviterait : commander un SUV thermique premium en 2026 « parce qu'on l'a toujours fait ». Le calcul a basculé. Un dirigeant qui hésite à passer à l'électrique a tout intérêt à arbitrer maintenant, tant que la fenêtre des 100 % de déduction reste ouverte avant 2027. Pour qui vise plutôt l'occasion ou le premium fiable, notre guide du meilleur SUV d'occasion fiable reste pertinent, en gardant en tête qu'un véhicule d'occasion thermique acheté en société subit les mêmes plafonds de déduction.
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Questions fréquentes
Non, plus pour une nouvelle commande. Un SUV essence, diesel ou hybride non rechargeable commandé à partir du 1er janvier 2026 n'ouvre plus aucune déductibilité à l'impôt des sociétés : le taux tombe à 0 %. Seuls les SUV thermiques commandés entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025 gardent un régime transitoire (50 % en 2026, 25 % en 2027, 0 % en 2028).
La formule est : valeur catalogue × coefficient CO₂ × 6/7 × coefficient d'âge. Le coefficient CO₂ vaut 5,5 %, ajusté de 0,1 % par gramme au-dessus ou en dessous du taux de référence (58 g/km diesel, 70 g/km essence en 2026), avec un minimum de 4 % et un maximum de 18 %. L'ATN annuel ne peut pas être inférieur à 1 690 € en 2026.
Le SUV 100 % électrique. Commandé avant 2027, il reste déductible à 100 % à l'impôt des sociétés et génère l'ATN plancher, autour de 1 690 €/an, car son coefficient CO₂ tombe au minimum de 4 %. À l'inverse, un SUV thermique commandé en 2026 cumule 0 % de déduction et un ATN bien plus élevé.
De moins en moins. Un PHEV commandé à partir de 2026 suit le sort des thermiques pour la déductibilité de la voiture, et depuis 2026 ses frais de carburant fossile ne sont plus déductibles ; seuls les frais d'électricité le restent à 100 %. Son ATN reste bas grâce à un CO₂ faible, mais l'avantage global s'érode face à l'électrique.
C'est une cotisation de solidarité mensuelle versée par l'employeur à l'ONSS, calculée sur le taux de CO₂ et le carburant. En 2026, elle ne peut pas descendre sous 33,93 €/mois (véhicule acquis avant le 1er juillet 2023) ou 42,34 €/mois (acquis depuis). Plus le SUV émet de CO₂, plus elle grimpe.
Souvent oui, surtout au-dessus de 40 000 € de valeur catalogue. Un SUV électrique commandé en 2026 est déductible à 100 % contre 0 % pour un thermique neuf : sur l'amortissement, l'assurance et l'énergie, l'économie d'impôt des sociétés (25 %) absorbe une large part du prix d'achat plus élevé.
Les gros SUV thermiques à CO₂ élevé commandés en 2026. Un SUV diesel ou essence de plus de 150 g/km cumule 0 % de déduction, un ATN qui peut dépasser 7 000 €/an et la cotisation CO₂ la plus lourde. Le triple coût fiscal efface tout intérêt par rapport à un équivalent électrique.
Damien suit le segment SUV depuis 2014, d’abord comme essayeur pour un magazine auto, aujourd’hui en indépendant basé à Namur. Il mesure la conso réelle sur route plutôt que de recopier le WLTP, et compare les coffres mètre en main. Sa ligne : un SUV se juge sur son coffre, sa conso et sa fiabilité, pas sur sa fiche marketing.
